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L'école de la vie : 1. La famille, une communauté.


La famille est la première sphère d’influence mais elle est aussi le vivier des plus grands abus. Cocon sensé être protecteur et serein, il est très souvent l’espace confiné de mauvais traitements dissimulés et normalisés : violence psychologique et physique, mensonge, autorité abusive, transaction, dépendance, chantage affectif, manipulation…Les pires abus sont souvent légitimés par le fait d’appartenir à la même famille. Sous couvert des liens du sang, de l’amour et de l’instinct de protection, on se ligote, s’étouffe, se dirige et s’impose…Reprendre les statistiques du nombre de féminicides, de violences physiques, d’addictions, d’adultères, d’incestes, de perversions ou de suicides serait tout aussi révélateur qu’effrayant, je me contenterai donc de m’appuyer dessus comme point de réflexion.


Pourquoi créons-nous une famille ?

Quel est le sens du mot famille pour nous ?

Qu’attendons-nous d’elle ?

Comment prenons en nous soin ?

Vivons-nous ce que nous avions imaginé et souhaité ? Et si non, pourquoi ?

 

Nous ne pouvons plus, construire des familles sans conscience, juste parce que nous sommes programmés à nous reproduire ou parce que c’est un signe d’accomplissement social. Il n’est pas responsable de nous mettre en couple, puis avoir des enfants en suivant des étapes chronologiques mais sans jamais remettre à jour la motivation de nos choix.


La famille est le lieu où chaque individualité doit pouvoir avoir SA place, son originalité et non pas être décuplé et formaté comme individu conçu sur le même moule transgénérationnel. Le syndrome des poupées russes doit s’arrêter au même titre que notre conscience doit s’éveiller. Lorsque les membres d’une famille s’éteignent à petit feu, découragés d’être ce qu’ils ne sont pas, peut-on encore considérer que la famille tient son rôle de mise au monde et de croissance ?


La famille est une entité qui doit envelopper, protéger et créer un sentiment de sécurité. A partir du moment où elle devient, déstabilisante, anxiogène, dangereuse et destructrice, peut-on encore parler de famille ou parlons-nous plutôt de séquestration ?


La famille doit pouvoir être le meilleur moyen d’apprendre de tous et d’améliorer nos dynamiques relationnelles. C’est justement parce que l’on s’aime et que l’on appartient à la même famille, que l’on s’écoute, que l’on se remet en question, que l’on se corrige si besoin. Cela est-il possible lorsque tout le clan repose sur une autorité abusive qui ne peut que suivre le dominant ? Cela est-il possible lorsque les aînés considèrent que ce sont eux les détenteurs du savoir et qu’ils n’ont rien à apprendre de leurs descendants, venant très justement les remettre en cause dans leur mauvais traitement ?


La famille est une communauté dans laquelle personne n’appartient à personne mais où chacun à un rôle et des responsabilités. Vivre en famille devrait être un choix réfléchi, régulièrement alimenté, remis en question, rééquilibré, réajusté. Est-ce envisageable lorsque chacun ne pense qu’à ses propres bénéfices et que l’autre n’est là que pour y répondre ?


Nous ne pouvons plus nous contenter de dire « Voilà ma famille, elle est comme cela, je le vis mal mais ça a toujours fonctionné comme ça chez nous ». Si nous continuons à vivre nos relations familiales de cette manière robotisée et résignée, nous irons de plus en plus loin dans le rejet, la rébellion, l’éloignement et la destruction. Nous créons des réunions d’équipe dans le cadre notre travail, mais quand discutons-nous ensemble en famille pour que chacun se sente bien et que l’unité fonctionne ?


Nous avons tous la responsabilité de remettre en question nos conditionnements familiaux, non pas pour les critiquer ou déprimer, mais pour choisir de bouger les lignes, d’apporter un souffle nouveau, d’ouvrir les fenêtres, de ramener de la lumière là où on s’était contenté d’agir de manière programmée depuis des générations. Nous ne sommes ni des robots, ni des clones, ni des animaux, nous sommes des êtres conscients capables de vivre en famille de la manière dont notre cœur le veut et non de la manière dont nous avons été encodés.


La vie n’est pas un programme, elle est création. Faisons en sorte que se retrouver en famille ne soit plus une contrainte, une obligation ou un calvaire. Faisons en sorte de ne pas plus jamais avoir besoin de mentir ou de nous dissimuler pour en être accepté. Faisons de nos familles l’environnement où l’on se sente le mieux, faisons de nos familles notre ancrage, faisons de nos familles nos partenaires complices.


L’héritage familial réclame d’être discerné. Nous ne sommes pas contraints de tout accepter du leg. Il nous appartient de trier le bon grain de l’ivraie et de ne ressemer que le bon. A chacun de grimper dans son arbre généalogique, d’y prendre de la hauteur, de tailler les branches qui doivent l’être, de panser ses plaies, de le débarrasser de tous ses parasites et de renforcer ses racines. Si la plupart parviendront à lui redonner vigueur et vitalité, certains d’entre nous, après avoir fait tout ce qu’ils ont pu, devront se résigner à en descendre et à planter à leur tour un nouvel arbre, détenteur d’une nouvelle histoire et d’un nouvel ancrage familial sur Terre.

 


© Tous droits réservés, Marion pour l'Ordre Cosmique, 2024

 
 
 

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